samedi 25 mai 2013

Helix Aspersa

  Suite à une maladie l'ayant laissée sans force, Elisabeth, à l'aube de la quarantaine, est contrainte de passer ses journées alitée dans un petit studio de la Nouvelle-Angleterre. Tandis que le temps semble s'étirer à l'infini, une amie lui apporte un jour un pot de violettes abritant... un escargot. D'abord perplexe devant ce curieux présent, la jeune femme est vite fascinée par les allées et venues de son étrange compagnon...


La littérature a de ça étonnant qu'elle peut parfois nous transporter avec, en apparence, peu de choses. A condition de posséder un certain talent pour l'écriture... Et du talent, Elisabeth Tova Bailey en dispose plus qu'il n'en faut pour réussir le pari fou de rendre un livre sur les colimaçons aussi gracieux que fascinant.

Si l'ensemble du récit se déroule dans une chambre confinée, Bailey est pourtant loin de nous enfermer dans les affres de sa maladie, mais nous permet au contraire de nous évader avec elle grâce à l'infiniment petit incarné par l'univers du gastéropode, dans un espace hors du temps et à l'écart des agitations du monde extérieur.
Plus qu'un roman, "Les nuits mouvementées de l'escargot sauvage" est une expérience intimiste, une ode à la patience de l'observation, qui fait du détail le plus insolite un véritable enchantement, et nous aide à saisir pleinement le sens du mot "vivre".
Dépaysant.


Les nuits mouvementées de l'escargot sauvage d'Elisabeth Tova Bailey - traduit de l'anglais par Marie-Céline Mouraux - Autrement - 16€

lundi 20 mai 2013

Les poètes se cachent pour mourir...

   Lorsque l'éditeur Karl Petersen débarque dans le port d'Helsingborg avec un contrat tout frais et une bouteille de champagne, il ne s'attendait certainement pas à trouver son auteur fétiche pendu au bout d'une corde. Jan Y Nilsson, poète et écrivain, semble en effet s'être donné la mort la veille d'achever un roman promis au plus grand succès. Si pour Petersen le suicide ne fait aucun doute, beaucoup d'éléments laissent croire à une mise en scène bien calculée...


"Les poètes morts n'écrivent pas de roman policier"... Un titre bien étrange pour un roman tout aussi étonnant... S'il est une chose dont on peut être sûr, c'est que Björn Larsson n'a pas fini de nous surprendre, tant sa capacité à se renouveler semble vaste.

Dans un pays qu'on associe désormais aisément au genre policier (rappelons nous le débarquement massif de ces polars "venus du froid", depuis le succès planétaire de Millenium), il choisit de faire la part belle à la poésie et prend plaisir à détourner et remanier les codes du genre. En immergeant le lecteur dans le monde (pourri ?) de la production éditoriale, il se joue des clichés et oppose - non sans une pointe d'ironie - poésie et littérature romanesque, échappant ainsi à toute tentative de classification. 

Peu importe pour l'auteur que ce soit ou non un roman policier, car au-delà d'une intrigue somme toute aussi classique qu'efficace, il s'agit surtout pour Larsson de nous livrer une réflexion juste et élégante sur l'intégrité d'un auteur et de la pureté de son art face à l'éternelle recherche du profit. C'est féroce et intelligent, drôle et satirique, bref, brillamment mené et accompagné d'un savoureux hommage à la poésie...
(A noter la complicité du poète Yvon Le Men, auteur des vers présents dans le roman.)

Les poètes morts n'écrivent pas de romans policiers de Björn Larsson - traduit du suédois par Philippe Bouquet - Grasset - 22€

lundi 13 mai 2013

Bretagne, j'écris ton nom...

   L'association des cafés-librairies de Bretagne propose à nouveau, pour le printemps 2013, l’événement "Bretagne, j'écris ton nom" rassemblant auteurs, poètes et illustrateurs autour d'ateliers d'écriture thématiques. Au Bel Aujourd'hui, c'est l'auteure-musicienne Manuelle Campos qui viendra animer une journée dédiée à l'imagination... A vos plumes !


Artiste éclectique, Manu Campos se produit sur scène, anime des chorales éphémères et des ateliers d'écriture. Dans son livre "le son sur l'épaule" (éditions Gros Textes), elle réunit une série de textes ayant en commun la présence de la musique dans notre quotidien. 

Le 25 mai, elle vous convie au mariage du texte et du son dans le cadre de cet atelier chanson aux mots nourris de notes, carnet de voix intimes et multiples...
L’atelier se prolongera ensuite avec un pique-nique printanier dans le patio de la librairie, puis se poursuivra par des lectures ouvertes à tous.

"C'était dans un court instant de silence, de recueillement, qui unit les auditeurs dans une même suspension de souffle, en de rares occasions.
Une vieille femme a dit "J'aime le bruit des papillons quand ils s'envolent".
J'ai compris que j'avais encore beaucoup à apprendre pour savoir entendre le monde."
(extrait de "Le son sur l'épaule").


 
Atelier d'écriture - 25 mai 2013 de 10h30 à 12h30 puis de 14h à 17h
  
Réservation dans la limite des 10 places disponibles par mail ou au 02.96.92.20.24
Vous pouvez retrouver la totalité du programme de "Bretagne, j'écris ton nom" sur le blog de la fédération des cafés-librairies de Bretagne.

lundi 6 mai 2013

Le ciel, les hommes, les femmes...

  Raniero, la cinquantaine, est un psychologue au quotidien banal, dont la vie oscille entre l’hôpital où il travaille et une maison dans laquelle il sera bientôt célibataire divorcé. Un soir, alors qu'il est au volant, il est surpris par d'étranges signaux célestes et sa voiture quitte la route, le laissant miraculeusement indemne. De retour à son travail, il fait la connaissance d'une nouvelle et mystérieuse patiente, Dora, qui prétend avoir vu ces mêmes signaux et communiquer avec...


Traits vifs, décors sombres, lumière dosée... Si l'empreinte graphique de Manuele Fior laisse peu de lecteurs indifférents, c'est sans doute parce qu'il sait mieux que quiconque manier la monochromie, jouant sans cesse avec fusains et lavis pour mieux nous laisser pénétrer son univers.

Un univers visuellement riche, qui nous permet de plonger au coeur d'un roman graphique "grand cru" où science-fiction et romance se mêlent subtilement pour offrir un récit à la fois original et pourtant résolument actuel. Car si l'action est supposée se dérouler dans un proche futur en proie au doute extra-terrestre, c'est avant tout un regard sur notre société et les relations humaines que nous livre Fior, confrontant habilement ses personnages tourmentés aux émotions les plus fragiles et les plus universelles. 
Une lecture enchanteresse...


L'entrevue de Manuele Fior - Futuropolis - 24€